Mettons fin aux stéréotypes pour des milieux de travail plus inclusifs
Tomberez-vous dans le piège?
Vivez l’expérience L’endos de l’étiquette avec vos collègues ou dans votre classe.
Une activité ludique pour se conscientiser aux stéréotypes de sexe et de genre qui freinent les femmes dans leur parcours professionnel.
En Mauricie, les femmes gagnent en moyenne 10 770 $ de moins par année que les hommes.
Et elles sont plus nombreuses à vivre sous le seuil de la pauvreté.
Les stéréotypes de sexe et de genre, la persistance d’une culture du travail dite « masculine » et les préjugés liés au leadeurship féminin ne sont que quelques-uns des obstacles sur leur trajectoire professionnelle :
- Comme celle qui ne se fait pas rappeler parce que « une fille ne sera pas assez endurante pour la job ».
- Comme celle qui se fait mettre à pied parce qu’elle accumule les absences pour s’occuper d’un proche malade.
- Comme celle qui n’obtient pas la promotion, même si elle a plus d’expérience que ses collègues masculins.
Les obstacles que vivent les femmes contribuent au fait qu’elles soient plus nombreuses à travailler à temps partiel. Elles sont aussi surreprésentées dans des secteurs moins bien rémunérés (ex : services de garde, service à la clientèle) et moins nombreuses dans les secteurs traditionnellement masculins qui sont mieux payés (ex : transport, construction).
Quelles étiquettes accolons-nous aux femmes en milieu de travail?
Votre entourage se fera-t-il avoir? Faites le test!
L’endos de l’étiquette est une activité ludique et participative que vous pouvez réaliser de manière autonome pour sensibiliser votre milieu. Prêtez-vous au jeu!
Pas de stress, tout le monde porte et fait porter des étiquettes. L’objectif n’est pas de culpabiliser personne, simplement de susciter des réflexions et des discussions sur les raccourcis que prennent notre cerveau. Tout ça en raison de stéréotypes encore bien ancrés dans la société et le monde du travail.
- Écran d’ordinateur ou projecteur
- Papiers et crayons
- Une équipe de travail
- Les bénéficiaires d’un organisme communautaire
- Des élèves de niveau secondaire, collégial, universitaire ou à l’éducation des adultes
- Un groupe de personnes dans un contexte informel
Téléchargez votre trousse d’animation
- Vous recevrez un guide d’animation, une fiche de participation, une présentation PDF à projeter et un sondage de rétroaction.
- En partageant vos coordonnées, vous ne recevrez que les communications entourant l’activité (3 courriels, pas plus!).
Nos 7 ambassadrices pour des milieux de travail plus inclusifs!
Amal Elbab
50 ans Cheffe propriétaire du Coupecous (29 % de femmes) Trois-Rivières Perfectionniste qui aime danser« La veille de l’ouverture de mon restaurant, j’étais terrifiée. »
Amal Elbab
50 ans Cheffe propriétaire du Coupecous (29 % de femmes) Trois-Rivières Perfectionniste qui aime danserJe suis arrivée au Québec en 2003, directement à Trois-Rivières. J’ai tout de suite aimé cette ville. Tout le monde se connaît, comme à Marrakech. J’avais une grande volonté d’apprendre sur la culture québécoise, j’ai donc suivi une formation en tourisme au collège Laflèche.
Ensuite, j’ai travaillé dans un centre d’appels où on organisait des dîners entre collègues. Les gens venaient me voir pour me dire qu’ils n’avaient jamais mangé un aussi bon couscous. L’idée a germé d’ouvrir un restaurant pour rapporter un peu du Maroc ici.
Mais au début des années 2000, la nourriture ethnique n’était pas très populaire au Québec. C’était avant que les gens découvrent les sushis. Alors, j’ai attendu.
En 2018, je me sentais enfin prête à me lancer. J’ai tout fait toute seule, comme une grande. J’ai eu un peu d’aide pour le plan d’affaires, mais je suis allée chercher moi-même un prêt à la banque et tous les permis nécessaires. Le plus dur quand on ouvre un resto, ce n’est pas de faire le menu, c’est la paperasse!
La veille de l’ouverture, j’étais terrifiée. On m’a tellement répété que c’était un domaine risqué, que la plupart des restaurants fermaient après trois ans. En tant que femme et sans diplôme de cuisine (mon métier s’est transmis de génération en génération), je n’ai pas toujours été prise au sérieux. Finalement, j’ai chassé toutes ces idées noires et je me suis concentrée sur ce que je voulais offrir : un accueil chaleureux et une cuisine faite avec amour.
Quatre mois après l’ouverture, la pandémie a éclaté. Comme on fait du take-out (du “fast good” que j’appelle), on a survécu. Aujourd’hui, j’ai une clientèle régulière et variée, allant des travailleurs et travailleuses qui viennent chercher un lunch aux familles marocaines qui ont envie d’un plat typique.
Raconter mon histoire me fait réaliser que j’ai réussi quelque chose. Et l’une de mes fiertés, c’est d’offrir une opportunité de travail à des femmes qui portent le voile. Le racisme n’est pas apparent ici, mais une femme qui se présente en entrevue avec un voile a peu de chances de se faire rappeler. Moi, je trouve ça gagnant-gagnant : je leur donne du travail, et elles savent cuisiner un bon couscous!
Ariane Orozco
37 ans Main-d’œuvre en voirie (6 % de femmes) Ville de La Tuque Passionnée d’art et mère de 3 enfants« Ça me motive de montrer à mes filles qu’une femme peut tout faire. »
Ariane Orozco
37 ans Main-d’œuvre en voirie (6 % de femmes) Ville de La Tuque Passionnée d’art et mère de 3 enfantsQuand j’étais adolescente, j’aimais tout ce que les gars aimaient : la machinerie lourde, la peinture, la construction. Mon père, d’origine guatémaltèque, aurait aimé que je sois infirmière comme ma grand-mère. Mais moi, j’ai un peu un esprit de contradiction.
Je suis donc allée faire mon cours en machinerie lourde. On était deux filles dans tout le groupe. Contrairement aux gars, il a fallu qu’on fasse nos preuves. Je trouvais ça dur au début, je pleurais le soir en rentrant chez moi. Avec ma collègue de classe, on s’est donné des tapes dans le dos et, quand j’ai obtenu mon diplôme, il y a des gars qui ont fini par me féliciter.
Maintenant, je travaille pour la Ville de La Tuque à la voirie. Je peux faire tout ce qui est manuel. À mon arrivée, les gars n’étaient pas sûrs, ils se demandaient si une fille serait capable de faire la job. Certains me surveillaient quand j’utilisais le loader, jusqu’à ce que je leur dise que j’avais pas plus besoin d’assistance qu’eux. Et quand je fais une erreur, elle est davantage pointée du doigt. Mais je sens qu’après deux ans, ils s’habituent.
À la voirie, on est seulement trois filles sur une centaine d’employé·es. Les gens nous arrêtent dans la rue, surpris et contents de voir des femmes s’occuper du transport ou de la signalisation, un “travail d’homme”. Ça me fait plaisir que les gens trouvent ça positif, mais je me demande quand ils vont arrêter d’être surpris.
J’ai deux filles. Elles savent que je fais un métier différent de celui des mères de leurs ami·es. Ça me motive de leur montrer qu’une femme peut tout faire. Je les encourage à se sentir à leur place, peu importe leur choix.
Charline Plante
60 ans Mairesse de Saint-Élie-de-Caxton (22 % de femmes) MRC de Maskinongé Grand-mère à la couenne dure« Je suis convaincue que nous devons rester vigilantes et défaire à l’occasion certains préjugés. »
Charline Plante
60 ans Mairesse de Saint-Élie-de-Caxton (22 % de femmes) MRC de Maskinongé Grand-mère à la couenne dureJ’ai grandi entourée de femmes fortes et inspirantes, à commencer par ma grand-mère maternelle, véritable modèle de détermination. Au début des années 40, elle a eu le courage de prendre le train, laissant mari et enfants pour aller suivre, pendant plusieurs mois, une formation en coiffure à Montréal. Elle aimait répéter que l’autonomie et l’indépendance des femmes étaient une grande richesse.
Ma mère aussi était féministe, dans une famille où l’on parlait constamment de politique et d’engagement citoyen. Mon grand-père et l’un de mes oncles ont d’ailleurs été maires de Saint-Élie-de-Caxton. C’est cette culture familiale, combinée à mon désir d’avoir un impact concret sur mon milieu, qui m’a donné envie de suivre leurs traces.
J’ai toutefois attendu la retraite pour me lancer en politique municipale. J’étais enseignante et je tenais à me consacrer pleinement à mes élèves avant de me dévouer, à mon tour, entièrement à la population.
Se lancer en politique, ça implique de devoir faire des sacrifices. Et pas seulement pour soi, aussi pour son entourage, entraîné malgré lui dans le sillage de la sphère publique. Alors, quand j’ai décidé de me représenter à la mairie pour la seconde fois, tout le monde a été impliqué dans la décision, incluant mes petits-enfants, qui voulaient savoir si leur mémé pourrait encore les aider à faire leurs devoirs.
À Saint-Élie-de-Caxton, on est une majorité de femmes au conseil municipal, une première! Mais au Conseil des maires de la MRC, ce sont majoritairement des hommes. C’est sûr qu’il pourrait y avoir un boy’s club si on ne prenait pas notre place, nous les mairesses. Alors, je crois qu’il est essentiel d’exprimer clairement nos points de vue. Et au-delà de ça, on doit collectivement faire davantage de place aux femmes en politique.
D’ailleurs, c’est important d’avoir un esprit de cohésion et de collaboration entre personnes élues à la MRC. Nous les femmes, nous sommes minoritaires autour de la table des maires. Bien que je ne sente aucune discrimation, je suis convaincue que nous devons toujours être vigilantes et défaire à l’occasion certains préjugés.
En politique, il faut avoir la couenne dure. Si on doute de nous et qu’on prend les choses personnelles, on ne passe pas à travers. Heureusement, dans ma famille, c’était tout le temps : “As-tu fait de ton mieux? Es-tu fière de ce que tu as fait? Tu ne pourras jamais satisfaire tout le monde de toute façon.” J’ai grandi avec cette confiance-là qui me sert aujourd’hui. »
Éloïse Beauchesne
18 ans Opératrice de machinerie lourde (16 % de femmes) MRC des Chenaux Minutieuse et sportive« Au moment d’envoyer des CV, je me suis demandé si le mien vaudrait autant que celui d’un homme. »
Éloïse Beauchesne
18 ans Opératrice de machinerie lourde (16 % de femmes) MRC des Chenaux Minutieuse et sportiveJ’ai adoré passer les étés de mon enfance sur les chantiers avec mon père, qui était camionneur. C’est ce qui m’a incité, après le secondaire, à m’inscrire au DEP pour devenir opératrice de machinerie lourde. On était quatre filles sur 24 personnes étudiantes, un record!
Après, au moment d’envoyer des CV, je me suis demandé si le mien vaudrait autant que celui d’un homme. Mais j’ai rapidement trouvé un emploi. Vu que je suis la seule femme et la plus jeune de mon équipe, je ressens parfois le besoin de faire mes preuves, mais c’est surtout par rapport à moi-même. Mes collègues me font me sentir bien et sont toujours prêts à m’aider.
Ce que j’aime de ma job, c’est que les journées ne sont jamais pareilles. Il faut charger les camions, égaliser le plancher des cellules, réparer les bris mécaniques, etc. Moi, je suis minutieuse, j’aime le travail bien fait.
Quand je parle de mon métier autour de moi, les gens sont étonnés et positivement curieux. Les femmes sont davantage associées aux jobs de bureau, c’est rare qu’on les voie conduire les machines.
Ce que j’observe, c’est surtout la montée des discours masculinistes chez certains ados, qui disent que la place d’une femme est à la maison. Mais moi, je ne me laisse pas influencer facilement. Je sais où je veux aller dans la vie et je ne laisse pas les autres me faire changer d’avis. C’est pour ça que je ne me suis jamais découragée.
Martha-Karine Awashish
47 ans Ex-opératrice de machinerie lourde (16 % de femmes) La Tuque Aime les défis et voyager« Les gens sont surpris de la qualité de notre travail quand on est pris au sérieux et qu’on est traité avec dignité. »
Martha-Karine Awashish
47 ans Ex-opératrice de machinerie lourde (16 % de femmes) La Tuque Aime les défis et voyagerJusqu’à l’âge de cinq ans, je vivais dans le bois avec mes grands-parents. Mon grand-père travaillait pour une entreprise forestière et j’étais fascinée par sa machine. Après la fermeture de la compagnie forestière pour laquelle il travaillait, il est revenu dans la communauté d’Opitciwan et c’était lui qui entretenait la route. Il n’a jamais laissé tomber personne. Même qu’en hiver, il se levait pour ouvrir le chemin lorsqu’une personne était prise. Il rêvait que quelqu’un de la famille prenne la relève.
Un jour, il y a eu de l’ouverture pour que les femmes autochtones se forment en machinerie lourde. J’ai saisi ma chance et je suis allée faire mon cours à Amos. Ensuite, j’ai trouvé un poste dans une mine à la Baie-James. Malgré toute la bonne volonté d’engager des femmes autochtones, le terrain n’avait pas été préparé à bien m’accueillir.
C’était vraiment un milieu d’hommes. Les Cris et les Anishinaabes étaient respectueux envers moi et ils me disaient que je travaillais très bien. Mais dans une mine plus au Nord où j’ai aussi travaillé, les autres hommes faisaient beaucoup de petits commentaires. J’ai subi du harcèlement. Malheureusement, personne sur le chantier n’était chargé de surveiller ces comportements-là, de protéger les femmes.
Il est arrivé que les hommes et les femmes soient logés ensemble. Je décalais mon horaire pour prendre ma douche et faire ma toilette avant que les hommes se lèvent. J’ai fait une démarche avec la cuisinière du camp, qui a pu nous accueillir quelques jours chez elle. Puis, les patrons ont fait venir une autre roulotte pour nous, les femmes. Mais quelques hommes ont tout de même été logés avec nous.
Ces raisons auraient été suffisantes pour me faire quitter mon emploi. À ça s’est ajouté le fait que ma fille trouvait ça dur de me voir partir plusieurs semaines, et une blessure au dos due à un siège brisé qui n’a jamais été réparé. La santé-sécurité n’était pas idéale à la mine et j’en vis encore les conséquences aujourd’hui. Après deux ans, j’ai fini par partir. Je me suis trouvé un emploi en communication, un autre domaine qui me passionne.
Il y a encore beaucoup de stéréotypes envers les personnes autochtones : qu’on a tout cru dans le bec, qu’on n’est capable de rien faire d’autre que d’être dans la misère ou la boisson. On a pourtant des habiletés que les gens ignorent, comme une connaissance fine du Nitaskinan (territoire) qui a été transmise de génération en génération, et un très bon sens de l’orientation. Les gens sont surpris de la qualité de notre travail quand on est pris au sérieux et qu’on est traité avec dignité.
Mes enfants sont la raison pour laquelle je me bats tout le temps et que je me relève. Ça, et le fait que j’aime les défis. J’ai une seule vie à vivre et je vais saisir toutes les opportunités.
Stéphanie Monette
30 ans Infirmière praticienne spécialisée en première ligne, propriétaire (94 % de femmes) Shawinigan Patronne empathique qui adore les chevaux« En tant qu’infirmière, il est très difficile d’obtenir une conciliation famille-travail équilibrée »
Stéphanie Monette
30 ans Infirmière praticienne spécialisée en première ligne, propriétaire (94 % de femmes) Shawinigan Patronne empathique qui adore les chevauxJ’ai choisi le métier d’infirmière parce que ça répondait à mon besoin d’action. Après ma technique, j’ai travaillé aux soins intensifs d’un hôpital. Un jour, j’ai entendu un médecin dire à un patient itinérant : « On ne peut pas régler ce problème-là, il faudra voir avec votre médecin de famille. » Évidemment que le patient n’avait pas de médecin de famille. Cette situation-là m’a heurtée, et m’a donné envie de prendre soin des gens malades dans leur intégralité.
Je suis donc retournée aux études pour devenir infirmière praticienne spécialisée en première ligne. J’ai eu l’opportunité de débuter ma carrière dans un CLSC de Lanaudière. Habitant à Shawinigan, la distance entre mon domicile et mon travail a toujours été un enjeu. C’est devenu très problématique lorsque j’ai eu mon premier enfant. Quand j’ai enfin trouvé une garderie, mon horaire de travail à 40h par semaine ne fonctionnait pas avec les horaires du milieu de garde.
J’ai donc trouvé un poste dans une clinique privée près de chez moi. Malgré tout, je n’arrivais pas à trouver une saine conciliation travail-famille. J’ai eu une grosse remise en question avant de décider d’ouvrir ma propre clinique. Au début, mon conjoint et ma famille ont douté : je quittais un emploi avec un salaire assuré pour devenir travailleuse autonome. Est-ce que ça allait marcher?
Une fois ma décision prise, tout a déboulé. J’ai rapidement trouvé un local et du financement. Une merveilleuse équipe s’est formée depuis mon ouverture le 3 janvier 2025. Je suis très fière de pouvoir offrir un service de qualité en offrant mon écoute et mon expertise auprès des gens qui fréquentent ma clinique, en plus de pouvoir prendre pleinement soins de ma famille.
En tant que patronne, il m’est primordial d’offrir ce que je ne pouvais obtenir auprès de mes derniers employeurs, soit une grande flexibilité. L’horaire de la clinique est adapté à celui de la garderie de mon garçon. Ça m’enlève un grand stress au quotidien.
En ouvrant ma clinique en fonction de ma vision et de mes besoins, j’ai priorisé ma vie familiale et ma santé mentale. Devenir entrepreneuse a été un gros défi qui me remplit de reconnaissance et de fierté.
Stéphanie Boissinot
32 ans Pompière (7 % de femmes) MRC de Mékinac Aime faire de la moto et n’a pas froid aux yeux« Mes collègues savent que je vais tout faire pour assurer leurs arrières. »
Stéphanie Boissinot
32 ans Pompière (7 % de femmes) MRC de Mékinac Aime faire de la moto et n’a pas froid aux yeuxTrès jeune, je voulais être pompière comme mon grand-père. Rapidement, j’ai compris que ce n’était pas le chemin le plus facile et qu’il fallait que j’aie un plan B. J’ai donc fait une technique en travail social, pour ensuite devenir intervenante. Quelques années plus tard, j’ai fait mon cours en charpenterie-menuiserie et j’ai travaillé dans le domaine plusieurs années.
Je suis alors tombée amoureuse d’une petite maison en Mauricie, parfaite pour mes chevaux. C’est à ce moment-là que la pandémie a éclaté. J’avais envie de m’impliquer dans cette nouvelle région où je ne connaissais pas grand monde. J’ai vu passer une annonce dans le journal comme quoi la régie des incendies cherchait des pompiers volontaires. C’était ma chance!
C’est comme ça que je suis devenue pompière à temps partiel. La formation est équivalente à celle des pompiers à temps plein, c’est juste que nous, on est sur appel. C’est vraiment une job de cœur. Quand ça sonne, je dois tout interrompre, que ce soit un moment avec ma conjointe, mon entourage, et même parfois mon travail comme intervenante dans une maison d’aide et d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale.
Ce que je remarque au sein des services d’incendie, c’est qu’il y a moins de femmes en partie en raison de la charge familiale, qui repose plus souvent sur les mères. Et quand elles choisissent ce métier-là, elles se font dire : “Tu ne te sens pas mal de laisser tes enfants ?”, alors qu’on ne pose jamais la même question à un père.
Un bon pompier ou une bonne pompière, c’est pas nécessairement quelqu’un de musclé comme dans les films, c’est surtout quelqu’un d’endurant. Un feu, ça peut durer 4 heures comme ça peut en durer 12. Il faut tolérer la chaleur suffocante, comme le froid glacial, prendre notre souffle pour changer sa bonbonne et porter un habit qui double notre poids. Ça implique aussi d’écouter les ordres, de connaître nos limites et d’analyser les risques.
Je ne représente pas le stéréotype de la grande pompière avec un six packs, mais tous les gars se battent pour travailler avec moi, parce qu’ils savent que je vais faire tout ce qui est en mon possible pour assurer leurs arrières.
Vous êtes une femme et souhaitez obtenir du soutien dans votre parcours professionnel?
Voici des ressources d’aide à l’emploi en Mauricie.
- Le Pont : organisme spécialisé en développement de la main-d’œuvre féminine
- COMSEP : organisme d’intégration sur le marché du travail
- Centres locaux d’emploi : accompagnement, offre d’emplois et préparation à l’emploi
- Carrefours jeunesse-emploi : accompagnement personnalisé vers l’emploi ou la formation
- Carrefour Emploi La Tuque : soutien aux études, à l’emploi et à la stabilité
- Centre d’amitié autochtone de Trois-Rivières CAATR : soutien pour personnes autochtones
- Centre d’amitié autochtone Capetciwotakanik : soutien pour personnes autochtones
- Service d’Intégration à l’Emploi Radisson : soutien aux personnes judiciarisées et toxicomanes
- Service d’Intégration au Travail : intégration socioprofessionnelle des personnes ayant une problématique de santé mentale
- Centre de recherche d’emploi de la Mauricie : recherche d’emplois
- Service externe de main-d’œuvre Mauricie : soutien aux personnes avec des limitations fonctionnelles
- Stratégie Carrière : aide à la recherche d’emploi, incluant des services pour personnes issues de l’immigration
Cette campagne est réalisée grâce à l’aide financière et le soutien des partenaires de l’Entente sectorielle de développement en matière d’égalité entre les femmes et les hommes dans la région de la Mauricie 2024-2028.
Crédit photo et vidéo des ambassadrices : Étienne Boisvert